
Le lendemain matin, dans la caserne militaire de Sphaera, une jeune femme faisait les cent pas dans sa chambre, en colère.

- Aliénor, soupira sa camarade de chambre, relax, ça va bien se passer.

- Tu parles. Pourquoi ils m'ont collé à cette tâche? Pourquoi c'est moi qui dois les entraîner bordel?! Je me tue plus que n'importe qui dans mes missions et au lieu d'être gradée on m'envoie m'occuper de quatre gamines incompétentes. Ça se voit que c'est pas toi qui doit t'y coller.

- Je te signales que je ne suis qu'un mage protecteur ici, je n'ai pas tes aptitudes en combat. Mais tu te débrouilleras très bien et si on t'a confié cette tâche c'est qu'on te juge assez compétente, plus compétente que les autres filles d'ici.

- C'est bien ça le problème ! C'est encore une corvée qu'on refile aux meufs ! Putain de taff sexiste ! On doit être à tout casser une vingtaine de filles ici pour au moins cent mecs et c'est toujours eux nos supérieurs alors qu'on est aussi compétentes qu'eux! Raaaa j'ai envie de frapper quelque chose!
- Alors frappe dans ton sac, souviens toi de la lampe de la dernière fois... Je l'aimais bien moi cette petite lampe...

- Plus sérieusement, je sais que ma meilleure amie va gérer ça, tu ne te laisses jamais démonter. Et peut être que comme ça tu auras enfin la promotion que tu mérites!
Galatée savait à quel point faire partie de la garde royale était un métier qui comptait plus que tout pour son amie. Elle savait qu'elle y mettait toute son énergie et qu'elle surpassait pas mal de garçons dans ce domaine, seulement les hommes avaient du mal à l'admettre et Aliénor était reléguée à des missions plus ingrates et bien trop faciles pour elle. Mais elle savait aussi que si sa meilleure amie était aussi en colère, c'était parce que, secrètement, elle s'était inscrite pour passer le test qui aurait pu lui permettre de devenir une gardienne des éléments et qu'à cause de ces récents évènements, son rêve avait lamentablement échoué.

- Je ne me fais pas trop d'illusions mais merci Galatée, j'avais besoin d'entendre ça avant d'aller m'occuper de ces stupides terriennes.